La Maison Favier, une résidence remplie d’histoires à Namur
par Jessy Laflamme
Article mis en ligne le 27 août 2008 à 13:17
Le 10 janvier 2000, Jean-Claude Labrie se rend dans le village de Namur et aperçoit au hasard la demeure des Favier.
C’est inévitable, c’est un coup de foudre qui le touche droit au cœur. «Je voulais cette maison, j’y rêvais souvent pendant mes nuits depuis plusieurs années», se souvient-il.
Sans hésiter, il frappe à la porte. Lucille Favier lui ouvre, et une semaine plus tard, M. Labrie devient propriétaire de cette demeure érigée par Michel Favier et son fils Émile.
Michel était le premier propriétaire du moulin à scie de Namur. Son fils Émile a construit cette maison par amour pour sa tendre Émilie. «Les parents d’Émilie refusaient de laisser leur fille aux mains d’Émile puisqu’il travaillait dans le bois. C’est alors qu’il a bâti cette demeure», raconte M. Labrie.
Ensuite, Émile a laissé sa maison à l’un de ses fils Paul et sa femme, Lucille Favier. En fait, ces deux couples y habitaient pendant quelques années. Les parents au premier étage et les enfants au deuxième. Ensuite, Lucille Favier est restée seule pendant 18 ans dans cette résidence de douze pièces, son mari étant décédé en 1982. «Quand j’ai acheté la maison, les plafonds s’effondraient. J’ai engagé deux plâtriers qui ont remis la maison à son état d’origine», précise M. Labrie.
Pour cet homme passionné d’histoire et de maisons centenaires, il était primordial de redonner à la maison son aspect d’époque. Il a donc effectué plusieurs rénovations depuis son acquisition en 2000.
De son côté, Mme Favier s’est trouvée un logement à Lachute. «Je ne pouvais plus habiter à Namur, j’étais incapable d’effectuer les travaux nécessaires à l’entretien de la maison», raconte-t-elle.
Elle a eu toute une surprise cette semaine lorsque M. Labrie l’a invitée à dîner pour inaugurer la Maison Favier devenue un Bed and Breakfest.
M. Labrie est un passionné de jardinage, de cuisine et des personnes. Sa devise est : je veux que les gens arrivent ici en client, mais repartent en amis. «J’ai toujours rêvé d’avoir mon propre gîte. J’ai travaillé toute ma vie en relations publiques, ce n’est surtout pas pour passer ma retraite seul, j’ai besoin de voir du monde», explique celui qui a voyagé un peu partout dans le monde. La décoration de la demeure est d’ailleurs inspirée de ses nombreux déplacements. Il a même été chauffeur et garde du corps lors des Olympiques de Montréal en 1976.
«Lorsque j’étais enfant, nous étions six dans un quatre et demi, je me suis promis à cette époque que je ne revivrais plus jamais ça, c’est à ce moment que j’ai développé mon goût pour les grandes maisons et pour les voyages», souligne-t-il.
Mme Favier a été ébahie par les rénovations et par le terrain joliment aménagé. On pouvait lire les émotions sur sa figure. Elle a également profité de l’occasion pour raconter quelques anecdotes. M. Labrie écoutait attentivement, passionné par sa nouvelle demeure.
«Je ne suis qu’un passage dans l’histoire de cette maison, je me dois de rendre hommage aux vrais bâtisseurs», indique-t-il.
Une chambre s’appelle même Émilie, en souvenir de la fameuse histoire d’amour.
M. Labrie a investi beaucoup d’argent dans ce projet. «J’y vais tranquillement, mais surement, affirme-t-il. La prochaine étape sera de peinturer l’extérieur.»
Depuis le mois d’août, quelques visiteurs ont dormi au gîte. Le prix est de 85 $ ou 75 $ pour deux personnes avec le déjeuner inclus. «Mon but n’est pas de faire de l’argent, mais surtout d’avoir du plaisir», précise M. Labrie. Des tables d’hôte sont également disponibles. «J’accueille les gens ou les groupes qui veulent venir souper ici», ajoute-t-il.